Anxiété chez l'enfant : quels signes doivent alerter ?

Dans mon cabinet à Epernay, je reçois des enfants et adolescents souvent, et les motifs pour anxiété reviennent régulièrement.
Alors en tant que parents, quand s'inquiéter ?
Tout d'abord, l'Inserm rappelle notamment que l'anxiété est une réaction physiologique normale et utile face à une menace ou à un stress. Elle devient problématique lorsqu'elle devient trop intense, durable ou qu'elle perturbe signficativement le fonctionnement quotidien.
Il ne s'agit pas d'empêcher l'enfant d'avoir peur ou de s'inquiéter. L'anxiété fait partie du développement de l'enfant. Elle existe chez tous et n'est pas en soi pathologique. Elle peut apparaître, évoluer et disparaître au fil du développement.
Elle a même une fonction adaptative : détecter une menace, se préparer à faire face à un danger, trouver des ressources pour faire face à une difficulté et se protéger...
Les peurs évoluent selon l'âge : séparation, obscurité, monstres, école, santé, regard des autres, l'image de soi ou l'avenir chez les ado, etc.
Mais parfois elle devient trop importante et envahissante. Les critères sont :
l'intensité
la durée
la fréquence
le caractère disproportionné
les retentissements dans toutes les sphères de la vie de l'enfant (école, domicile, social...)
les évitements qu'elle entraîne
le sommeil
les manifestations physiques, les plaintes somatiques
les changements dans les jeux, les apprentissages...
Les manifestations peuvent être : 💭 dans les pensées (anticipation, se poser beaucoup de questions, besoin de réassurance, imaginer des scénarios catastrophiques...), 👤 dans le corps (maux de ventre, de tête, difficultés d'endormissement...), 🏃♂️ dans les comportements (évitement, refus, rester près des parents, fatigue, retrait...).
Un enfant enxieux n'est pas forcément un enfant qui se plaint, qui pleure, qui refuse d'aller à l'école... Certains enfants vont être très sages, avoir peur de se tromper, être perfectionnistes, avoir du mal à prendre des initiatives...
Il y a une interaction entre des facteurs biologiques, environnementaux (familiaux, événements difficiles...) et le tempérament.
En tant que parents, ou professionel.le.s, vous pouvez déjà écouter sans minimiser le vécu de l'enfant, mettre des mots sur les émotions, identifier avec lui ce qui l'inquiète réellement, sécuriser sans sur rassurer, maintenir progressivement les activités, éviter de renforcer les évitements.
Quand consulter ? Lorsque l'anxiété persite, s'intensifie, entraîne une souffrance, limite les activités de la vie quotidienne.
Une ou plusieurs consultations ne signifie pas que l'enfant a un "trouble". Cela permet de comprendre ce qui se passe et d'aider l'enfant et ses parents à exprimer et trouver des ajustements.
Et puis parfois, un trouble anxieux s'installe et un accompagnement par des professionnels est nécessaire.
Sources :
Inserm, Troubles anxieux, dossier scientifique consacré aux troubles anxieux et à leurs manifestations chez l’enfant et l’adolescent.
American Academy of Child & Adolescent Psychiatry (AACAP), Clinical Practice Guideline for the Assessment and Treatment of Children and Adolescents With Anxiety Disorders, Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry, 2020.



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